Forum du DIF (Droit Individuel à la Formation)
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Auteur Fil de discussion: procédure DIF  (Lu 880 fois)
svenady
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« le: 04 Août 2010 à 14:09:54 »

Bonjour,
Je suis entrain de rédiger un lettre d'information sur la procèdure DIF pour les employeurs.
Pourriez vous me dire si elle présente des erreurs?
Merci d'avance
Cordialement.


Afin que vous ne rencontriez aucun problème de procédure lors de demande de DIF de vos salariés, voici quelques conseils du service social :


Selon les conventions, la procédure DIF peut varier, c’est pourquoi il faudra être très vigilant, notamment sur le délai de réponse de votre part.
Si vous ignorez le temps dont vous disposez, reportez vous à la convention par laquelle vous êtes régis.
Si ce délai est dépassé, votre non réponse vaudra acceptation de la demande du salarié telle qu’elle a été formulée.


Vous pouvez refuser la demande de vôtre salarié sans aucune réponse motivée à votre salarié (sauf accord de branche contraire), mais vous devez quand même avoir des motifs légaux et légitimes.
Sachez que votre réponse peut être contredite par votre salarié s’il l’a trouve injuste et qu’elle présenterait selon lui des motifs illégaux et illégitimes. Dans ce cas, il pourrait se présenter devant un tribunal, pour demander réparation au préjudice encouru.

Voici des raisons qui ne peuvent être contredites :
•   le salarié ne bénéficie pas des conditions d'ancienneté pour l'ouverture du droit.
•   la nature de l'action ne relève pas des priorités fixées par les accords de branches.
•   le salarié n'a pas respecté la procédure.


Attention : Si vous refusez pendant 2 années consécutives le DIF, sachez que vôtre salarié pourra demander une formation au titre du CIF (Congé Individuel de Formation).
Si le salarié remplit les conditions d’ouverture du droit au CIF (ancienneté, délai de franchise) et respecte la procédure de demande d’autorisation d’absence, vous ne pouvez pas vous opposer au départ en formation du salarié. Vous pourrez seulement en reporter la date dans certaines conditions.
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NOVATEM
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« Répondre #1 le: 04 Août 2010 à 15:42:49 »

Bonjour,

Quelques observations d'ordre général et sans vouloir être exhaustif...(ce ne sont que des commentaires ! vous ne devez pas nécessairement reprendre mes propos)

Vous écrivez :

"Selon les conventions, la procédure DIF peut varier, c’est pourquoi il faudra être très vigilant, notamment sur le délai de réponse de votre part.
Si vous ignorez le temps dont vous disposez, reportez vous à la convention par laquelle vous êtes régis.
Si ce délai est dépassé, votre non réponse vaudra acceptation de la demande du salarié telle qu’elle a été formulée."

Il exact qu'en théorie un accord de branche peut fixer un procédure particulière (et c'est d'ailleurs prévu par l'article L6323-6) mais c'est  "sous réserve que le cumul  des droits ouverts soit au moins égal à une durée de cent vingt heures sur six ans."

Cela étant, sachez tout de même (qu'à part les intérimaires en raison de leur situation particulière) qu'aucun accord (à ma connaissance car ils sont quand même nombreux) ne s'est aventuré à le faire sauf à modifier quelques petits détails...l'essentiel du contenu des accords concerne surtout les modalités de calcul et, pour ce qui est des procédures, ils se contentent souvent de reprendre les dispositions légales. D'ailleurs, modifier les procédures peut avoir un caractère un peu "périlleux" en raison de l'application du principe de faveur (la célèbre formule jurisprudentielle : "en cas de conflit de normes c'est toujours la plus favorable pour le salarié qui doit recevoir application"...).

C'est précisément en raison de l'application de ce principe qu'il n'est pas possible de prévoir un délai de réponse supérieur au délai légal (par contre, on pourrait éventuellement prévoir un délai plus court...) et à ma connaissance, il n'y a pas d'accord qui ait modifié quoi que ce soit à ce délai d'un mois.

Par ailleurs, il faut insister sur la réponse écrite ... qui doit être effectivement faite dans le délai d'un mois (éviter le mail et préférer le recommandé avec accusé de réception pour des raison de preuve).

Il faut préciser également qu'à défaut de réponse dans le délai d'un mois, la demande du salarié est réputée acceptée et ce dans les termes de la demande.

Je continue :

"Vous pouvez refuser la demande de vôtre salarié sans aucune réponse motivée à votre salarié (sauf accord de branche contraire), mais vous devez quand même avoir des motifs légaux et légitimes."

En principe, il résulte du second alinéa de l'article L6323-10 et surtout L6323-12 qu'un refus ne peut être l'expression que d'un désaccord sur le choix de l'action de formation à l'exclusion de tout autre motif. Aucun arrêt à ma connaissance ne l'a formellement dit mais c'est hautement probable(en ce sens et pour citer quelqu'un d'autre que moi-même, sachez que l'on retrouve cette opinion (pour le moment) dans le répertoire Dalloz (droit du travail - formation professionnelle continue page 36 n°215 - version d'avril 2007 : "l'accord porte exclusivement sur le choix de l'action de formation"). Il reviendra à la jurisprudence de fixer les contours de la notion de "choix de l'action de formation". Cela étant, elle sera probablement plus large que le seul choix du thème de la formation à proprement parler . Par exemple, il est probable que le choix de l'organisme de formation puisse être un élément pouvant justifier un refus. Par contre, l'insuffisance ou l'absence d'un budget devrait être considéré comme illégal (il semble qu'il y ait déjà des jugements en ce sens...).

"Sachez que votre réponse peut être contredite par votre salarié s’il l’a trouve injuste et qu’elle présenterait selon lui des motifs illégaux et illégitimes. Dans ce cas, il pourrait se présenter devant un tribunal, pour demander réparation au préjudice encouru."

Ici, c'est un point contesté...Evitez d'en parler et de toute façon, les choses sont plus compliquées et mériteraient des développements.

"Voici des raisons qui ne peuvent être contredites :"

•   le salarié ne bénéficie pas des conditions d'ancienneté pour l'ouverture du droit."

C'est exact.

"•   la nature de l'action ne relève pas des priorités fixées par les accords de branches."

Mais cela concerne en réalité le choix de l''action de formation qui peut faire l'objet d'un désaccord générant un refus. Toutefois, précisez également qu'un acceptation peut concerner une formation non prioritaire.

A préciser aussi que si des priorités ne sont pas fixées par un accord collectif, les actions de formation ne peuvent relever que des actions de promotion, que des actions d'acquisition, d'entretien et de perfectionnement des connaissances ainsi que les actions de qualification (voir article L6323-8 pour le détail)

•   le salarié n'a pas respecté la procédure."

C'est exact...

Il y en a d'autres...

1) La "formation" demandée n'entre pas dans le champ d'application de la formation professionnelle continue (cela arrive).

2) En principe (selon la majorité de la doctrine - voir Répertoire Dalloz n° 216), les actions d'adaptation du salarié à son poste de travail relèvent exclusivement du plan de formation. Il en est de même des formations obligatoires y compris celles rendues obligatoires par accord collectif. (Il n'y a pas de jurisprudence sur ce point...Mais ici, encore une fois, il faut être prudent.

De manière plus générale, il faut éviter (mais ici encore il n'y a pas de jurisprudence) les actions inscrites au plan de formation, celles-ci étant présumées être décidées par l'employeur. (je dis présumées décidées parce que l'article L6321-1 prévoit la possibilité pour l'employeur de faire des propositions. Mais si on définit le plan de formation comme l'ensemble des formations décidées par l'employeur, il est nécessaire que les propositions soient expressément identifiées comme telles d'où la présomption).

Bien évidemment, on pourrait développer encore...Mais cela deviendrait une véritable circulaire...

Cordialement

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« Dernière édition: 06 Août 2010 à 12:01:18 par NOVATEM » Signaler au modérateur   Journalisée

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« Répondre #2 le: 05 Août 2010 à 09:25:04 »

merci pour votre réponse interessante qui m'aide beaucoup.
Finalement, j'ai du mal a cerné quand est ce que la réponse du salarié est légale Sourire
Par exemple, si un salarié propose une formation hors temps de travail , l'employeur devrait payer 50% du salaire à son employé pour le temps de formation effectué si je ne me trompe pas.
Si l'employeur n'a pas les moyens de financer cette allocation formation, et qu'il refuse pour cet unique motif, serait'il dans l'illégalité?
Bon,l'exemple n'est pas idéal, puisque le temps de formation doit être fait pendant le temps de travail en général Sourire

merci

cordialement
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« Répondre #3 le: 05 Août 2010 à 09:44:16 »

Bonjour,

Bien sûr, il n'existe aucune jurisprudence sur cette question...

Pour ma part, on peut considérer que le refus de l'employeur ne peut être résulter d'une discrimination (avec inversement de la charge de la preuve), d'un abus de droit (qui concerne surtout l'intention de nuire) ou de tout motif étranger au choix de l'action de formation.

L'absence de budget est étranger au choix de l'action de formation. Par contre, un prix excessif pourrait justifier un refus (en tenant compte des prix du marché bien entendu - l'employeur ne saurait fixer un maximum déraisonnable et surtout pas à 9,15 euros de l'heure).

Par ailleurs, et pour répondre à votre question, de toute façon, c'est soit l'allocation soit la rémunération (si la la formation a lieu pendant le temps de travail) ; dans tous les cas, il y a une somme due en dehors de la somme versée par l'employeur pour couvrir les frais "pédagogiques" (+ hébergement et transport éventuel).


Cordialement

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« Répondre #4 le: 05 Août 2010 à 10:15:16 »

Je rappelle que dans la Loi de 2004 il est stipulé (et répété dans celle de 2009)que le DIF se réalise hors temps de travail.
Il peut certes être réalisé en partie sur le temps de travail mais après accord d'entreprise ou avec le salarié et surtout cela doit rester une exception.
Il est donc illégal de refuser un DIF sous prétexte qu'il serait réalisé hors temps de travail et qu'on n'aurait pas les moyens de payer les allocations formation.
Je rappelle que pour un travailleur payé au SMIC les allocations formation pour 20 h de DIF représentent moins de 100 euros. Si une entreprise ne peut payer (sans charges il faut le rappeler) 100 euros d'allocation formation à son salarié il y a de quoi s'inquiéter sur la pérennité de ses activités.

Autre chose, concernant le désaccord DIF. Il est impossible de refuser un DIF sous prétexte qu'il n'est pas un DIF prioritaire pour la branche professionnelle. Si tel était le cas cela voudrait dire que la branche professionnelle est capable d'assurer un emploi à vie à tous les salariés et que ceux-ci n'ont pas à se préoccuper de leur employabilité. Ce n'est évidemment pas le cas .
Ne pouvant donc arantir l'emploi à vie l'employeur doit donc garantir l'employabilité de son salarié. Il faudra aussi que le salarié soit pro-actif et demande à bénéficier de son DIF.
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Didier Cozin
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« Répondre #5 le: 05 Août 2010 à 16:00:06 »

d'accord Sourire bon il ne me reste plus qu'a rectifier mon message alors, merci beaucoup j'aurais fait des erreurs sans vos aides .
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« Répondre #6 le: 05 Août 2010 à 16:12:54 »

Bonjour,

Une chose encore...

Evitez cette phrase :


"Sachez que votre réponse peut être contredite par votre salarié s’il l’a trouve injuste et qu’elle présenterait selon lui des motifs illégaux et illégitimes".

On peut imaginer qu'un refus sera vécu comme "injuste"...Et parler d'une "réponse contredite" n'est pas l'expression la plus appropriée.

Enfin, ne pas dire "motifs illégaux et illégitimes"...Motifs "illégaux" est suffisant...


Cordialement

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