Bonjour,
Sauf accord de branche en sens contraire (j'imagine que vous êtes dans le privé), l'employeur n'est pas obligé de motiver c'est-à-dire de faire connaître les motifs qui l'animent. Ce qui ne veut pas dire que ces motifs ne doivent pas être légaux...(en particulier, ne pas être une discrimination, un abus de droit voire un motif étranger au choix de l'action de formation).
Au bout de 6 ans de cumul, les salariés ne "perdent" pas leurs droits à proprement parler...Mais ils "perdent" des heures toutefois...
En réalité, à défaut d'utilisation en tout ou partie, les compteurs sont gelés au bout de six ans ; autrement dit, il n'est pas possible de cumuler plus de 120 heures si le DIF est à 20 heures par an, 126 si 21 heures etc ; c'est un plafond.
Mais ce qui est acquis est acquis...et au bout de 7, 8 ans ou davantage, à défaut de les avoir utilisé le salarié aura toujours ses 120 heures...Mais il ne dépassera pas ce seuil.
Mais si un salarié consomme régulièrement ses heures, ce qu'il consomme se reconstitue d'année en année, dès lors qu'il ne dépasse pas ce seuil des 120 heures.
Le problème que vous soulevez est réel car des salariés vont voir leur crédit gelé en raison d'obstruction de leur employeur et le préjudice est inéluctable.
Si le salarié n'a rien demandé et ne demande rien, ce sera de sa faute...Et d'ailleurs, il s'agit d'un droit dont il a la libre disposition non pas parce qu'il pourrait y renoncer par avance mais parce qu'il pourrait très bien ne jamais l'utiliser...
Par contre, on peut imaginer que l'employeur refuse systématiquement pour des motifs illégaux...Ce sera souvent "prouvable"...
D'un autre côté, l'employeur pourrait refuser pour des motifs légaux (désaccord sur le choix de l'action de formation)...Ici, le problème est qu'il n'y a pas à proprement parler "d'obligation" pour l'employeur d'être d'accord avec la proposition du salarié...Avec toujours la présence de ce "mur" des 6 ans de cumul (non remis en cause par la loi de novembre dernier). Et le risque de "pression" si les demandes commencent à affluer.
Il faut également savoir que le code du travail a prévu la possibilité de transformer le DIF en CIF (congé individuel de formation) mais cette possibilité n'est utilisable que si des désaccords persistants sont constatés sur deux années civiles consécutives.
Par voie de conséquence, ce délai de 2 ans ne court que du 1 janvier de l'année de la première demande. Or, beaucoup de salariés qui ont d'ores et déjà atteint leur maximum légal n'ont jamais déposé de demandes...(moins de 5% des salariés ont utilisé leur DIF).
En gros, voila le problème...
Cordialement
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